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Marathon de Paris - Edition du 05/04/2009 (version Baptiste et son genou pourri)
Baptiste

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 glandeur

  Posté : 08-04-2009 19:47

C’est là que je me rends compte que je n’ai tjrs pas d’avatar, il va falloir que je remédie à cela !

Si je devais résumer mon marathon en un seul mot, ce serait : MERCI !!!!

Merci à tous les membres de PCAP que j’ai croisé dimanche et plus particulièrement à Isabelle, Francine et Lievre75 sans qui jamais je n’aurais eu la force de terminer ce marathon. Vraiment, vous m’avez plus qu’aidé à le finir et j’en suis très heureux malgré la douleur.



Au niveau de la préparation, tout allait pour le mieux, bonne forme, bonne sensation au dernier semi, et à une semaine du marathon, patatra, je ressens une douleur au genou gauche.

Repos total et anti-inflammatoires la semaine qui précède le marathon.

La veille du départ, Francine me donne quelques conseils pour éviter la douleur durant la course. Je sais bien que la douleur va se réveiller durant la course, mais tant pis, j’y vais quand même. Tant de sacrifice pour abandonner avant le départ : non ! Ce n’est peut être pas raisonnable, mais à ce niveau là je préfère les regrets que les remords. D’autant que l’an dernier j’avais eu droit à une tendinite à la cheville qui m’avait beaucoup handicapé, j’avais une revanche à prendre sur ce marathon.



RDV à 7h15 à la station de métro Père Lachaise où m’attend mon équipier des sorties longues du dimanche : Lievre75.

Le métro est bondé de gens en short vêtus de sacs poubelles, on ne se demande pas d’où ils sortent et ce qu’ils ont pris cette nuit. Le trajet est chaleureux et festif. Ca rigolera moins pour certains dans quelques heures.

Arrivés à l’Arc de triomphe, nous rejoignons la petite bande de PCAP pour des séances photos avant l’épreuve. Encore merci à ceux qui se sont levés tôt juste pour nous encourager, cela fait grandement plaisir.

On rentre dans les SAS. Je suis dans le SAS 4h, je vise un chrono en 3h50. Je fais la causette avec Dominique, avec qui je fais connaissance. Et de quoi parle-t-on à votre avis ? On a pas le temps de voir le temps passer qu’on entend le décompte des secondes, et paf, c’est parti, enfin bon, il nous faudra bien dix minutes pour passer sous la ligne de départ, ce qui n’est pas si mal pour le sas des 4h, le gros du peloton quand même.

Le départ est donné, on arrive à faire un bon bout de chemin ensemble. Je ne pense pas encore à mon genou à ce moment là. Premier kilo passé en 5’40, sur des temps de 4h donc, on gère bien, on ne va pas trop vite, on a tout le temps pour réduire le temps au kilo par la suite.

Premier ravitaillement à Bastille. J’ai perdu Dominique dans la masse, mais on finit par se retrouver. Bouchon inévitable à cet endroit, on est à l’arrêt presque deux minutes. Heureusement les suiveurs bénévoles savent gérer ce genre d’impasse pour nous remettre dans les temps en quelques kilomètres à peine.

J’ai de très bonnes sensations, je sens que j’ai de la réserve, même si à 32 kilomètres de l’arrivée, c’est encore difficile à estimer. J’accélère donc un peu la cadence, je passe très vite en 5’20 puis 5’ au kilo sans que mon cardio n’augmente trop et sans me sentir dans l’effort.

Traversée du bois de Vincennes sans souci, l’ambiance est excellente, tout le monde discute, j’ai trouvé mon rythme, ma foulée, je décide de rester comme ça jusqu’au semi, je verrai à partir de là si je peux accélérer ou non, restons prudent pour le moment.

On sort du bois de Vincennes, le faux plat dans l’arrivée de paris passe sans problème, contrairement à l’an dernier, il faut dire que j’ai eu une meilleure préparation.

Et puis arrive le 18ème kilomètre, et là, patatra, je sens mon genou qui commence à se signaler. Je me dis : bon, c’est normal. Mais très vite la gêne commence à virer à la douleur. Je ralenti, je passe à 6’ minutes au kilo, tant pis pour mon objectif de chrono, faut gérer le corps à présent.

Après le semi, devant l’Hippo, je sais que m’attendent toute la bande. Je passe devant l’hippo : PERSONNE ! et pour cause, des pompiers arrosaient les coureurs à cet endroit pour rafraichir. Quelques 100 m plus loin j’aperçois lievre75 très reconnaissable avec son maillot orange flashi !!! (heureusement d’ailleurs !) mais bon, ce n’est pas moi qui irais lui piquer son maillot.

C’est là qu’une belle aventure humaine commence. Francine, Isabelle et Lievre75 commencent à m’accompagner pour ne plus jamais me lâcher. Ca m’a tellement fait plaisir sur le moment que la douleur au genou fut un peu oubliée. Je repars sur des bases un peu plus rapide, mais pas trop quand même.

Tout va pour le mieux. On arrive à rester au contact du groupe des 4h, j’arrive même à accélérer un peu le rythme sur plusieurs kilos au niveau des quais.

Puis arrive le 25ème, là commence la douleur, la vraie, celle dont on sait qu’elle ne s’arrêtera plus et qui vous fait douter sur votre capacité à aller jusqu’au bout. Mon super staff m’encourage, m’ouvre la voie, me ravitaille, même les pros n’ont pas cette chance et ce luxe, c’est royal et super sympa.

Malheureusement à partir du 30ème et jusqu’à la fin je subis un véritable calvaire. Mon genou me fait horriblement souffrir. C’est d’autant plus dommage que je n’ai pas ressenti le gros coup de pompe du 30-35ème. Je suis les conseils de Francine, je ralentis et je me relâche dès que je peux. Isabelle et Lievre75 m’encouragent et se mettent à mes petits soins les mains chargés de bananes, oranges et bouteilles.

Je sers les dents avec une seule idée en tête : ne pas abandonner. Faut aller au bout. Je n’arrive plus à parler, plus l’envie surtout. Mes trois compagnons de route ne se lassent pas et continuent pour moi. Rien que pour eux je n’ai pas le droit d’abandonner.

Les derniers kilomètres paraissent interminables, j’ai beau me dire, allez, il te reste plus que 6 kilos, c’est trois fois le tour du lac de Vincennes, tu l’as couru des centaines de fois cet hiver…

Dominique nous rejoint. Il m’encourage à son tour alors que lui aussi est dans la réserve. Ca m’a fait super plaisir. Qu’elle entraide !

Puis arrive la dernière ligne droite, la délivrance, j’arrive à piquer une dernière accélération jusqu’à la ligne, fortement encouragé. On arrive à prendre une belle pose devant les derniers photographes (j’ai hâte de voir les photos, je crois que c’est pour demain).

On franchit la ligne, on s’enlace. Le temps de quelques secondes j’oublie la douleur. Quelle joie. Pas seulement d’avoir terminé ce marathon mais d’avoir eu avec moi 3 supers camarades qui m’ont porté jusqu’au bout. Preuve que la course à pied n’est pas un sport individuel.

Je n’oublierai jamais cette aventure humaine. La solidarité a payé et je leur dois beaucoup.


Je retrouve des amis après la ligne d’arrivée. On passe du bon temps. Repos total le dimanche. Nuit difficile. Le lendemain, réunion à 9h à Montparnasse. Impossible presque de monter et descendre les marches du métro. Sitôt la réunion terminée, je file voir mon médecin. Verdict sans surprise : tendinite au genou gauche. Dur, dur, mais ça aurait pu être pire.

Il ne me reste plus qu’à me soigner et prendre mon mal en patience. Pour répondre à Newbie : oui c’est certain, ce n’est pas bon du tout de courir avec une blessure, cela ne peut que l’aggraver. Mais je voulais tellement le terminer ce marathon.

Deuxième marathon et deuxième grosse blessure. De quoi vous demander si ça vaut bien le coup de continuer. (Bah bien sûr que si !!!!!!!! l’année prochaine sera la bonne !)

Encore bravo à tous les participants PCAP. J’ai vu vos performances, toutes mes félicitations ! Merci pour toutes les photos, vos encouragements et vos messages sur le forum. Ca donne vraiment envie de continuer de courir à vos côtés.

A très bientôt ! Et si ce n’est pas pour courir, je serai là pour vous encourager.




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